Mioche, bilan d’étape

Mon moment préféré, c’est le matin.

L’horaire peut varier, c’est en général aux alentours de 8 heures, parfois avant, parfois après. Un petit éclat de voix  me parvient depuis l’autre côté de la cloison ; cet éclat, qui n’est pas un cri ni un pleur mais une brève vocalise, je l’entends même si je suis en train de dormir, car si faible soit-il, il me réveille aussitôt.

J’attends toujours un peu, par paresse, de voir si la petite voix va se taire –il arrive en effet parfois que le bébé pousse un petit cri et se rendorme aussitôt. Le plus souvent, après quelques instants de silence, un autre éclat de voix survient ; puis re-silence, puis un autre. Alors, je sais que le signal est donné ! Je repousse la couette, attache mes cheveux (très important, sous peine de me les faire arracher), et me rends dans la chambre du petit monstre.

La plus belle vue du monde s’offre alors à moi, celle de l’adorable petit visage tout rond de ma fille, qui sourit, bouche largement étirée sur les petites joues rebondies, grands yeux qui pétillent, et remue comme un beau diable dans sa gigoteuse.

« Bonjour mon petit chat, bonjour mon bébé d’amour, tu as faim ? »

Elle sourit toujours comme si sa vie en dépendait et me gratifie d’un gazouillis à attendrir une pierre.

Je la délivre de la gigoteuse et la soulève dans mes bras. Mon premier réflexe est d’enfouir mon nez puis ma bouche dans son cou. Les mots ne sauraient décrire ce besoin impérieux de la respirer et de la bouffer littéralement, pendant qu’elle continue à bouger en tous sens comme pour mieux me ramener sur terre (où l’attend la tétée tant attendue, et ceci est une belle allitération, c’est cadeau).

Alors oui, c’est vrai qu’il y a eu les nuits sans sommeil, qu’il y a les cacas explosifs qui débordent des couches et tachent irrémédiablement les petits vêtements, qu’il y a les hurlements surtout, notamment le soir, qui usent les nerfs, c’est vrai qu’il y a eu tout ce premier mois où j’ai pleuré sans discontinuer sans arriver à relever la tête de ma déprime.

(“Nobody said it was easy/No one ever said it would be this hard”)

Mais le matin, quand je mange son petit cou, quand je plonge dans l’odeur de sa peau, tout cela ne m’effleure même pas l’esprit un instant.

Elle a de la chance de s’en tirer à si bon compte, la bourrique !

Et donc, quid de la ponte?

J’ai finalement opté pour un mouche-bébé manuel à aspiration, le modèle de base à trois francs six sous. A « aspiration », oui (ceux qui ne seraient pas au courant du fonctionnement de l’engin vont googler la chose et trouver tout cela follement glamour !). « A trois francs six sous », oui (je vais devenir mère, autant que j’arrête de vouloir passer pour une petite fraîcheur) (HUMOUR)

On se contremoque de cette information, mais c’était faute d’entrée en matière pertinente… Cela fournissait au moins une sorte d’accroche… Et qui sait, peut-être la fin d’un insoutenable suspense pour les fans les plus hardcore de ce blog (HA HA HA). En tous cas, une façon d’éviter le traditionnel étalage d’excuses pour ne pas avoir posté pendant des mois.

Me voilà donc dotée d’une sorte d’énorme ballon sur le devant du corps, et officiellement en période de dépassement de terme, ma fille étant prévue pour hier. Te presse pas surtout hein, et continue à bien gigoter et m’envoyer des coups histoire de tester les capacités –incroyables il est vrai- de distension des tissus humains ! Jeune péronnelle.

Blague à part, la question qui m’est souvent posée ces jours-ci (si on excepte les innombrables « ALOOOOORS ??? ») c’est de savoir comment ça fait. Ce que ça fait. De se dire que quoiqu’il arrive, d’ici quelques minuscules jours, on sera parent. Pas « mère », terme si chargé psychologiquement et culturellement qu’il en devient tarte à la crème et casse-gueule, mais bien « parent », plus neutre, le fait de devenir une personne « avec enfant(s) » quoi.

Vous allez être déçus : ça ne me « fait » rien.

Non pas parce que je considère ce passage d’un état à un autre comme peu important, évidemment que c’est un truc incroyable, c’est d’ailleurs une idée que j’ai encore du mal à appréhender : dans quelques jours, le « moi » d’avant, qui a vécu pendant 29 ans avec cette identité, sera mort. Il sera remplacé par le « moi » d’après. Qui est bien évidemment, rigoureusement la même personne, du moins en termes de caractère, goûts, etc, mais qui sera autre : qui sera parent. Et qui ne sera donc plus la même personne quand même, j’en reviens là. Bon d’accord ça n’a pas grand sens, mais vous comprenez sans doute ce que je veux dire, et c’est vrai que c’est perturbant, du point de vue en tous cas de ma relation avec mes proches (la Juju d’avant morte ??? Mais quelle horreur !!! Oui, je ne suis pas toute seule dans ma tête, on peut le dire).

Bon donc si, ok, ça me « fait » quelque chose, c’est-à-dire ce que je viens de décrire, mais à part ça, rien. Je ne me dis pas que ce sera une merveilleuse épiphanie avec un grand E. Ni au contraire un basculement dans un enfer sans fin (encore heureux…). Je n’arrive pas à me figurer ce que va être cette sensation, la fameuse qu’ils te décrivent tous, cet amour totalement sans limites, ce bonheur absolument dingue et en même temps ces doutes abyssaux, cette inquiétude de chaque instant pour ton enfant, cette volonté chevillée au corps de lui donner toujours le meilleur et de toujours bien faire. Ce sont des mots forts, mais ce ne sont que des mots pour moi, à ce stade.

Je sais déjà confusément que pour son père et moi, ce sera une sacrée aventure, que nous allons nous ronger les sangs sans cesse, que cette personne que nous aurons créée sera le nouvel amour de notre vie (sans pour autant pousser les autres dehors, mon cœur étant, tout comme la peau de mon ventre aujourd’hui, bigrement extensible). Je me doute déjà que, quels que soient les efforts et les soins constants que nous y mettrons, il nous arrivera de faire les choses de travers, de faire des erreurs, que par moments elle va nous détester. Qu’un jour elle nous laissera derrière elle comme de vieilles chaussettes (cela dit nous resterons ses parents donc elle continuera à nous aimer quand même, gniark gniark). Mais tout cela est bien flou aujourd’hui, et basé sur des ouï-dire, que je crois plutôt fiables il est vrai.

En fait, c’est juste que je ne me projette pas. Mais alors pas du tout, c’est-à-dire même pas dans une heure, limite. C’est lié en partie à ma situation du moment (l’histoire de l’accouchement qui tarde à venir, et dont j’ai le sentiment désespérant qu’il n’arrivera JAMAIS), mais aussi évidemment au fait que je me protège moi-même contre des tas de pensées qui pourraient survenir et me terroriser : je tiens tout cela bien à distance. Je me dis juste « qui vivra verra » et autres « à chaque jour suffit sa peine » (vous avez percé mon secret à jour, j’adore les vieux proverbes et la sagesse populaire, décidément c’est raccord avec le « trois francs six sous » du début !). Pareil pour toutes les questions sur les choix éducatifs, le degré de sévérité et de cool, tout ça, cela me fait si peur, j’ai tant vu de sales mioches mal élevés que ça m’en a traumatisée (vraiment) et en même temps, ma grande crainte est que nous n’arrivions pas à faire mieux…. BREF j’arrête de gamberger là-dessus, vous voyez un peu ce que ça donne J

Jour après jour, on va gérer au mieux. Le reste n’est que littérature !

La quiche est au four

Ce qui devait arriver arriva, me voilà donc en attente d’un heureux évènement, selon la formule consacrée.

En dehors du maelstrom d’émotions, de peurs, de questionnements divers que cela soulève, cela vous fait entrer dans un monde parallèle étrange, une sorte de paradis de la cucuterie, j’ai nommé le merveilleux petit monde des femmes enceintes.

Et je vous prie de la croire, je n’exagère pas quand je dis qu’on est propulsée à son corps défendant dans une autre dimension. Alors bien évidemment, je parle en fait plus précisément d’une combinaison explosive, à savoir enceinte + Internet.

Déjà, il faut savoir que, on a beau se targuer d’être une adulte rationnelle avec la tête sur les épaules et qui ne s’en laisse pas conter, eh bien on a quand même à chaque minute des milliers de petites questions dans la tête, sur tout et n’importe quoi (je peux manger du thon en boîte? du parmesan? des avocats-crevettes? quand est-ce que ça se voit? quand est-ce qu’on le sent bouger? à quel moment l’annoncer et comment? il fait quelle taille et quel poids à tel moment? est-ce que c’est normal si… etc, etc). Et le moindre détail qu’on ne connaît pas et qu’on veut connaître est une source d’angoisse : après tout, il ne s’agit plus de se préoccuper seulement de sa propre personne, mais d’une autre en devenir, extrêmement fragile encore, et on veut à tout prix bien faire.

Du coup, eh bien on a beau ricaner devant les niaises qui vont sur les forums Doctissimuche ou Aufeminin point conne, on se retrouve à faire pareil, puisque quand vous tapez dans Google « enceinte puis-je manger de l’omelette un peu baveuse », les résultats vous amènent fatalement dans ces antres de la cassocerie que sont les sites/forums énoncés plus haut.

Et là, c’est le festival.

Non parce que la « posteuse » type de ce genre de sites semble être Cindy, « maman à plein temps » de 32 ans, 6 enfants (elle a commencé à 16 ans aussi faut dire) prénommés Elyannah, Timéo, Mattenzo, Maddison, Djoulian et Kaïlys, habitant à Béthune, et qui dans la vie a deux passions, les récits d’accouchement et le stylisme ongulaire.

Notre amie Cindy parle une langue qui semble ne pas être du français. Déjà parce qu’elle a arrêté ses études à la fin du collège (ce qui se ressent quelque peu dans la qualité de sa prose qui déclenche des saignements d’yeux), mais aussi parce qu’il y a un vocabulaire spécifique aux forums de mômans. Et sur ce dernier point, il semble que même les mères un peu moins cas soc’ que Cindy se laissent embringuer dans le délire.

Ne dites pas « mon fils aîné » mais « bb1″, « gynécologue » mais « gygy », « mon compagnon » mais « zhom », « rapports sexuels conjugaux dans le but d’avoir un enfant » mais « les TP », « menstruations » mais « les rrr » (variante : « les vilaines »)… Egalement, ne désignez pas votre enfant autrement que par les termes « mon loulou » (garçon) ou « ma princesse » (fille) ou encore « le pti bou ki grandit ds mon bidou » lorsqu’il s’agit encore d’un fœtus.

Tout un monde s’ouvre à vous, fait de récits d’accouchement totalement impudiques et plus ou moins gore, idem pour l’allaitement et tout ce qui est suites de couches. Tout un monde où les débats les plus brûlants portent sur quelle poussette choisir, faut-il mettre un tour de lit ou pas, pour ou contre le stérilisateur à biberons, comment résoudre les problèmes de tête plate, comment remédier aux engorgements mammaires, lingettes ou pas lingettes lors du changement de couches, écharpe de portage ou porte-bébé physiologique.

Et toi tu es là, la primipare, qui -comme je l’ai dit plus haut- veut juste faire au mieux et c’est tout, et tu as l’impression que cet univers dégoulinant de cucuterie et d’impudeur veut t’aspirer pour te transformer en Cindy, tu as l’impression aussi que la naissance c’est encore une occasion rêvée de te faire consommer à donf (vous avez vu le prix des poussettes? c’est assez drôle) alors que ça fait des millions d’années que des femmes mettent au monde des enfants sans avoir de mouche-bébé électrique. Certes, mais pour avoir regardé une démo sur YouTube (oh mon Dieu, je deviens Cindy!) bah c’est quand même vachement pratique un mouche-bébé électrique….

Tu finis par fermer ton ordinateur, par balayer toutes ces pensées, et par te recentrer sur l’essentiel : pour le reste, on verra bien.

 

 

Et voilà qu’arrive le soleil

Tiens, salut vous, ça faisait longtemps…OUI, JE SAIS. Quiconque me connaît un peu connaît ma propension à la paresse, le manque de nouvelles notes sur ce blog vient directement de ce petit (gros?) travers que j’ai toujours eu. Mon immense lectorat me réclamant à corps et à cris quelque chose à se mettre sous l’œil sur Ephélides, je m’exécute enfin.

C’est en lisant une note récemment publiée sur le blog de mon beau-frère que j’ai eu l’idée de mon sujet du jour.

Le 29 novembre 2001, et pardon pour la phrase ridiculement solennelle que je suis en train d’écrire, est une date dont je garderai toujours le souvenir. Il me semble que c’est en regardant les Guignols de l’info à la télévision que j’ai appris la nouvelle : George Harrison venait de mourir, emporté (encore un…) par une foutue saloperie de cancer.

J’ai instantanément fondu en larmes, et me suis précipitée au rez-de-chaussée dans la cuisine, où ma maman préparait alors notre dîner , pour lui annoncer cette triste information, le nez morveux, la joue trempée et la voix étranglée. Ma tristesse a paru l’étonner quelque peu (elle savait pourtant que j’étais fan des Beatles, j’avais déjà à l’époque conquis de haute lutte le droit d’afficher dans ma chambre d’ado deux posters, et c’était deux posters des Fab Four). « Mais ma chérie, ça c’est plutôt de mon époque! » avec le doux sourire de la personne certes quelque peu amusée, mais toutefois sensible au chagrin sincère de son interlocuteur. Je lui répondis que ça ne m’empêchait pas d’adorer l’artiste, et elle eut alors les mots appropriés pour me réconforter : il laissait une œuvre, une trace indélébile (et quelle trace!) de son passage sur Terre, son souvenir resterait pour toujours.

George Harrison… le bonhomme avait la super-classe. Tenez, si un jour d’aventure vous avez envie de vous sentir complètement nul, vous pouvez jouer à « Que faisait George Harrison à mon âge? » : lorsque les Beatles se sont séparés, il avait à peine 27 ans. Plus jeune que moi donc, par exemple. VINGT-SEPT ANS, c’est-à-dire que lorsqu’il a pondu des chefs-d’œuvre pas possibles, le type était PLUS JEUNE que ça.

Quand on me demande de citer une chanson, une seule, des Beatles (oui je suis désolée, contrairement au beau-frère susnommé, je me focalise ici sur cette partie-là de la riche carrière du George), bon alors d’abord s’il vous plaît ne me faites jamais ça car le choix est abominable, eh bien je finis toujours par garder Here comes the sun. Elle me rend véritablement heureuse lorsque je l’écoute. Parfois je pourrais en pleurer d’attendrissement. Quel bijou, quelle merveille…

Et Something, qui a quand même été qualifiée de  »plus belle chanson d’amour de tous les temps » par Frank Sinatra lui-même (il s’y connaissait un peu, en plus), c’est terrassant de beauté aussi. While my guitar gently weeps. Sa voix, délicate, différente et complémentaire de ses acolytes Lennon/McCartney, témoigne du fait que le type n’était pas seulement bon à la guitare. Et puis, il avait de l’allure, avec ce côté dégingandé, ses tenues parfois improbables qu’il portait toujours avec panache, mais sans avoir l’air de jouer les stars.

Je crois qu’il a dit un jour « On m’appelle le Quiet Beatle…c’est plus par rapport à John et Paul qui ont de très grandes gueules » : sans doute n’était-il pas si effacé qu’on veut bien le croire, au contraire, il fallait probablement avoir un sacré tempérament pour arriver à exister avec des individualités qui prenaient autant de place. C’était le plus jeune des quatre, d’ailleurs Paul avait eu ce fameux 29 novembre un joli mot sur son compère, disant (je crois) qu’il l’avait considéré comme son petit frère (ils étaient amis d’enfance).

Que de pensées décousues, empilées ici à la va-comme-je-te-pousse…Excusez-moi, je tenterai de faire mieux la prochaine fois! J’ai juste eu soudain cette envie de parler de George, le Quiet Beatle, qui avait du génie, et qui semblait être un être humain digne d’être connu.

 

 

Intermède

C’est un endroit qui ne ressemble ni à la Louisiane (en tous cas l’idée que je m’en fais) ni à l’Italie. Et pourtant, la chanson aurait pu être écrite pour cet endroit, ou un endroit comme celui-ci.

Il y a des amplis dans les recoins, des chaussures, des piles de livres qui soutiennent des lampes, il y a des sacs et des cartons, il y a des fruits, de la vaisselle, un coin pour se reposer sur un édredon coloré sous les fenêtres -comme ça, on peut avoir le nez dans les nuages.

Tout est de bric et de broc, de guingois, la vaisselle est dépareillée, ébréchée, les choses hétéroclites, usées. Le bric-à-brac garde pour toujours, a toujours gardé, cette odeur qu’on ne trouve qu’ici, mélange de feu de bois, de terre, de pommes mûres, d’humidité, d’herbe, de pierre, de papier, d’affaires humaines, de poussière, d’hortensias.

En haut traînent des choses vieilles de plusieurs décennies, des objets ayant appartenu à des membres de ma famille ou à des vieux amis, dont certains ne sont plus là. Et des objets qui m’ont appartenu lorsque j’étais enfant, comme la petite cuisine de plastique bleu qui jaunit tranquillement, ou la blouse de plastique aux couleurs criardes que j’avais à l’école pour peindre.

Nous ne construisons plus de cabanes sur la plateforme de l’escalier. Nos pieds l’ont usé année après année, lui qui était tout neuf, on en voit les traces.

En haut il y a le vieux tapis, les cassettes audio de rock, le landau de poupée qui prend une place folle -un landau 1900 que ma mère et ma tante avaient petites. Dedans, on mettait parfois une poupée dont je n’aimais pas l’odeur.

J’avais toujours peur que les lattes brutes du plancher ne me laissent des échardes dans les pieds.

Lapinou year

C’est la nouvelle année et, en cette période particulière, il y a des incontournables. Cela s’articule globalement autour de deux concepts :

Les Résolutions,

et les Vœux.

Passons sur les résolutions, la plus grande fumisterie jamais inventée par l’homme au même titre que les emballages « ouverture facile » et les gommes avec un côté bleu censé effacer l’encre. Qui prend des bonnes résolutions en début d’année, sérieusement? En plus d’être ringard, le concept est bien cliché, et surtout, il ne sert pas à grand-chose.

Pourquoi diable s’infligerait-on le 1er janvier le supplice de se dire que pendant les douze prochains mois, on ne va manger que des haricots verts bio, aller courir 3 heures tous les jours et faire du bénévolat dans une association d’aide aux pauvres ou pour la promotion de la paix dans le monde? On est tous bien trop imparfaits pour ça de toute façon; alors certes, il faut TENDRE VERS le fait d’être une personne « mieux » que ce qu’on est à l’instant T, mais ça c’est un peu tous les jours, quelque part. On se torture quand même assez souvent le cerveau comme ça avec des « je suis trop comme ci, pas assez comme ça, je devrais faire ci ou ça », on passe notre temps à culpabiliser d’être ce que l’on est (à moins que je ne sois la seule? j’en doute). Les bonnes résolutions on peut quand même en prendre évidemment, mais par exemple on peut les prendre le 19 mars, le 3 octobre ou le 28 avril, parce que si on y réfléchit bien, le 28 avril, c’est LE PREMIER JOUR DE L’ANNEE qui va jusqu’au 28 avril suivant. Futé le hobbit.

Les vœux, là ça se corse. C’est-à-dire qu’effectivement, à partir du moment où vous avez quelqu’un un minimum à la bonne, eh bien vous souhaitez qu’il lui arrive des choses bien, parce que ce quelqu’un le mérite. Je précise, on ne va prendre que les cas où la traditionnelle phrase type « Meilleurs vœux » ou « Bonne année René » est prononcée de façon sincère et pas seulement comme formule de politesse (ce qui galvaude un peu le truc d’ailleurs, mais il faut bien savoir se tenir en société).

Bon, et puis il y a aussi les vœux pour toi-même, les souhaits que tu formules intérieurement pour ta petite personne. Je ne sais pas vous, mais personnellement j’ai un peu de mal avec le concept d’espoir (oui parce que je traduis « vœux » et autres « souhaits » par « espoir »).

Je ne vois pas vraiment pourquoi ce mot a un sens aussi positif dans notre culture. Vous ne trouvez pas que, quand même, l’espoir ça équivaut à 90% à de la frustration? à de l’attente? à de l’impatience? au fait de souhaiter parfois très fort un truc qui n’arrivera peut-être jamais, voire probablement jamais dans certains cas, ou bien qui arrivera mais au bout d’un temps infini, que vous aurez passé à…ben, à attendre? C’est quand même CHIANT d’attendre non? surtout un truc que tu veux particulièrement fort, c’est pénible. On en a tous, des trucs qu’on veut particulièrement fort, là encore, suis-je la seule? J’ai peut-être un problème de gestion de la frustration, d’impatience? Je suis pourtant super patiente pour tellement de choses…

On peut d’ailleurs faire le lien avec mon petit billet sur la superstition. On est pile dans ce cas-là : j’ai un projet en tête, j’attends qu’il se réalise, j’ai certes fait tout ce qui est de mon ressort pour qu’il se concrétise, mais j’attends, j’attends. Et comme l’humain a horreur du vide (merci la phrase à l’emporte-pièce insérée là comme un cheveu sur la soupe…pas trouvé mieux), tu finis par te raccrocher à tout et n’importe quoi, plutôt que d’avoir juste à faire ce constat simple et rageant : j’attends. D’où le fait qu’une nunuche comme moi se retrouve à dire « oh bah tiens, v’là un petit véhicule électrique qu’on voit rarement en ville, si j’en profitais pour demander à la Chance de m’apporter ce que je veux? » (nom d’un chien comme c’est idiot). (humain certes). (mais idiot). Bien évidemment, le Twizy magique n’a pas miraculeusement fait se réaliser mon vœu, et me voilà Grosjean comme devant.

A attendre.

Alors, il faut faire quoi, se changer les idées? Se concentrer sur d’autres choses, sur des petites joies passagères. Et apprécier ce que l’on a déjà, car on n’est pas si mal loti, ça c’est sûr.

Chers lecteurs et lectrices, je vous souhaite donc d’arriver à tromper le plus agréablement possible cette attente, avec tout un tas de joies certes passagères, mais profondes et bien réelles. 2016, t’as une sacrée pression sur le dos ma cocotte.

 

PS : ce titre magnifique n’est pas de moi, mais vient de la vanne écrite sur le planning de mon service par la secrétaire. Je m’exonère donc de toute responsabilité quant au ridicule de ce jeu de mots.

Mon coeur balance

Mes amis, l’heure est grave.

Il faut que je vous avoue quel est le grand dilemme (et non pas dilemNe donc, si vous avez bien suivi) auquel je suis en proie jour après jour. Cette question insoluble, ce problème que je retourne dans tous les sens vainement, bref cette aporie, dirais-je si voulais me la péter, ce qui n’est pas du tout mon genre (hem broum).

Fromage ou dessert?

Non non, je ne parle pas du fait de choisir l’un ou l’autre à la fin du repas : je m’épargne généralement cette difficulté en prenant l’un ET l’autre.

Non, je veux dire par là : qu’est-ce que je préfère, le fromage, ou la pâtisserie? (enfin, par « pâtisserie », entendez le sucré en général).

Ce sont les deux catégories d’aliments que j’aime le plus au monde. Je ne saurais vous dire à quel point la dégustation d’une délicieuse tarte au citron me remplit de bonheur, et savourer un bon morceau de pont-l’évêque bien coulant me fait atteindre le nirvânâ.

Maison hein, la tarte (ou à la rigueur de chez un artisan pâtissier, mais enfin ça n’est pas pareil); fermier et au lait cru, le claquos. Evidemment! Un festival de saveurs et de textures en bouche. Non vraiment, c’est quand même dingue à quel point MANGER peut être une expérience merveilleuse, alors qu’à la base c’est sensé être juste un moyen de survie. A chaque fois, j’aurais limite envie de serrer dans mes bras le citronnier qui a donné les fruits, la vache qui a donné le lait, et de chanter les louanges de Mère nature qui nous prodigue de tels bienfaits. Non mais c’est vrai, elle est vachement sympa quand même (c’est le cas de le dire).

Et je confesse que j’envoie toujours un petit « Tsss… » ne serait-ce qu’en pensée, au pisse-froid qui me dit ne pas aimer le fromage voire même pire, qui dit l’aimer et qui achète du « camembert » Présiduche au rayon frais du Leclerc (c’est d’une tristesse!) (et ne me dites pas que c’est un discours de bobo parisien qui a les moyens d’être puriste, le simili-calendos Présiduche c’est super cher! pour ce que c’est…). Et les « becs salés » qui dédaignent la note sucrée de fin de repas ou bien le petit goûter à l’heure du thé? ils ne savent pas ce qu’ils ratent… Je dis ceci avec tendresse bien sûr, je connais dans mon entourage très proche des non-amateurs de fromage et des becs non sucrés, ça ne m’empêche pas de les aimer hein… C’est juste que sur ce point, force est de reconnaître que nous sommes câblés différemment.

Mais alors, qu’est-ce que j’aime le plus?

JE NE SAIS PAAAAAS :’( C’est trop dur!!! Ce serait comme de me demander de choisir entre  Abbey Road et l’Album Blanc, entre mon père et ma mère, entre voir et entendre, entre être manchot ou cul-de-jatte, que sais-je.

Parfois, je me dis qu’il y a un argument en faveur du fromage, c’est son petit côté plaisir de connaisseur, un peu comme le bon vin; alors que les gâteaux, tout le monde aime ça, c’est plus consensuel. Du coup par snobisme je pourrais dire « Fromage ». Mais juste après, au premier cornet de glace ou à la première crêpe au Nutella que je boulotte, je me dis :  »Non, ça aussi c’est un délice absolu, je ne peux pas dire que j’aime cela moins que mon pourtant bien-aimé fromage, ça ne serait pas vrai! ». Et voilà que je replonge dans des abîmes de perplexité.

Un livarot à l’odeur d’étable avec un morceau de bon pain et un petit verre de vin rouge, ou une pimpante part de parfait aux noix avec ses petits bourrelets de crème sous le biscuit aérien?

Les deux, mon général.

 

 

Blur, ou comment enchaîner les chefs-d’oeuvres l’air de rien

The Great Escape fut donc le deuxième disque de Blur que j’écoutai.

Parenthèse : excusez-moi d’avance pour l’usage de ce passé simple assez pompeux, mais je raconte une histoire, et je trouve que ce temps est le plus adapté pour ça (hashtag ORIGINALITE). Mmmm attendez, je vais essayer le passé composé pour voir, c’est plus passe-partout.

The Great Escape a donc été le deuxième disque de Blur que j’ai écouté.

Bon, ça va, ça passe aussi, moins emphatique en plus, allez mettons que je m’autorise les deux.

Là encore, j’ai eu une révélation. The Universal me donne toujours la chair de poule quand je l’écoute aujourd’hui, Charmless Man est un bijou d’orfèvrerie pop, To The End (la version avec Françoise Hardy, piste bonus!) vous fait vous sentir complètement amoureux même quand vous êtes dans le RER C par un petit matin gris pour aller au turbin, He Thought Of Cars vous emmène dans un lointain voyage fantasmagorique, aucune chanson là-dessus n’est à jeter, pas même la gentiment WTF Ernold Same.

La suite, ce fut l’achat coup sur coup de Parklife et de Modern Life Is Rubbish (ô ce titre! ce titre!), à la Fnac Parly 2 où j’étais en compagnie de ma grand-mère (ce sont les petits détails inutiles qui donnent du sel aux belles histoires, non?). L’album éponyme aussi, celui à la couverture orangée.

Je ne saurais dire combien de milliers de fois j’écoutai tout ça en boucle, combien de larmes j’ai versées en écoutant You’re So Great (une des chansons d’amour les plus émouvantes que je connaisse). Badhead ou End Of A Century sont les hymnes tellement pertinents d’une génération fin-de-vingtième-siècle désenchantée (Mylène F. me pardonnera cet emprunt à son vocabulaire), This Is A Low vous fait dresser tous les poils du corps, Beetlebum sonne comme une gueule de bois avec une lueur d’espoir, Strange News From Another Star vous emmène dans les paysages lunaires d’Islande, Death Of A Pary suinte le malaise adolescent de façon terriblement juste. Sur MLIR, la si accrocheuse For Tomorrow avec ses la la la (une de leurs marques de fabrique, ces la la la délicieusement ironiques), Oily Water sur leurs lendemains de cuite difficiles (les mecs ne carburaient pas qu’à l’Evian), Advert et son ambiance de fourmilière urbaine, Villa Rosie avec tous ces jeunes paumés qui se rassemblent pour faire la fête parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer… Et puis toujours ces une-ou-deux chansons punk totalement hors de contrôle comme sur tous leurs albums, Albarn qui hurle (Chinese Bombs, Movin’On, Bank Holiday, Jubilee…) mais la mélodie, absolument parfaite, est toujours là. On peut toujours fredonner tout ça sous la douche, et mon oreille très pop est sensible à ce point primordial.

Avec la sortie de l’album 13, ce fut plus compliqué au début. C’est le premier des albums de Blur que j’ai acheté au moment où il est sorti, autant vous dire que j’étais frétillante comme une sardine fraîchement pêchée, c’était enfin mon moment. Tous les albums précédents étaient parus pendant mon enfance, j’avais rattrapé mon retard par la suite. Lorsque 13 est sorti, j’avais 12 ans. Je l’ai inséré religieusement dans ma mini-chaîne (celle-là même que j’avais reçue en cadeau pour mes 7 ans, cf épisodes précédents).

Et là, je ne dirais pas « déception », non, car je sentais bien que tout cela restait d’une grande qualité artistique. Simplement, pour une oreille pop de fille de 12 ans, les deux ou trois premières écoutes de cet album moins accessible sont un peu déroutantes. Il y avait de la recherche là-dessus, des frontières franchies, une volonté farouche de ne pas se laisser enfermer dans un son, dans une image, celle des gentils garçons pop qui chantent des la la la. Ils sont tellement plus que ça, mais ça on le savait déjà avant 13. Enfin, ils ont opéré une mue, sont devenus adultes, ont lâché les oripeaux britpop devenus hors de propos -ils ne prendront jamais une seule ride cela dit, je tiens à le dire au passage.

Cette petite perplexité fut passagère, et ne m’empêcha pas d’adorer l’album par la suite. Un album post-rupture absolument déchirant, qui tirerait des larmes à une pierre, mais qui pour autant ne sombre jamais dans le premier degré bébête du « ouin ouin j’ai le coeur brisé », qui garde toujours une classe, une distance, même quand on est au plus près de l’os. La chanson punk est toujours là, repère presque rassurant (B.L.U.R.E.M.I.), une beauté éthérée et bizarre nimbe Mellow Song ou encore Trimm Trabb. Coffee And TV, c’est la note d’espoir qui elle aussi est toujours présente quelque part; Tender, l’hymne à chanter à gorge déployée avec une bande d’amis qui jouent les durs et les marioles mais restent des humains gouvernés par leurs émotions. Tender c’est être terriblement amoureux d’une personne qui nous a quitté ou qu’on a quitté, c’est continuer à chanter quand même, à sourire quand même, comme le sang chaud de la vie qui coule malgré tout.

Ce lyrisme devient gênant, continuons.

Think Tank est l’album d’après, il est à part. Le guitariste Graham Coxon s’était barré avec pertes et fracas pour aller soigner ses problèmes d’addictions (la vie des rock stars), les relations dans le groupe étaient détériorées, il y avait un disque à enregistrer pour honorer un contrat. Malgré ces circonstances compliquées, l’album est bon. Les trois larrons restants sont allés l’enregistrer en partie au Maroc, et cela se sent, il y a des instruments un peu inhabituels, un peu exotiques. L’ambiance est sombre (Caravan, Battery In your Leg sont poignantes pour n’en citer que deux), mais la petite note d’espoir s’accroche indécrottablement. Sweet Song est une adorable berceuse à chanter à son petit enfant en lui caressant les cheveux (faites-moi penser à chanter doucement Sweet Song le soir à mes enfants lorsque j’en aurai). Crazy Beat, c’est la Song 2 de ce disque, un chien dans un jeu de quilles, du genre power pop vénère suffisamment mélodique pour passer en radio.

Maintenant que vous avez gaspillé un temps non négligeable de votre vie à lire le roman qui a précédé, laissez-moi vous dire ici à nouveau : A SUIVRE… vous pouvez reprendre vos activités!

Ca va, mais en fait non

Tout le monde et sa mère y a déjà été de son texte sur les attentats, moi-même j’ai longuement réfléchi au topo que j’allais pondre là-dessus. Mais je n’y arrive pas.

Ca fait maintenant une semaine que je vais au-devant de l’horreur, que je m’y plonge volontairement, en lisant tous les témoignages pétrifiants d’atrocité des rescapés, en regardant les infos, ça fait une semaine que je suis littéralement hypnotisée. Alors même que ça me fait énormément de mal de m’exposer à tout ça, j’y reviens sans cesse : hypnotisée, oui. Les jambes qui flageolent, une vague nausée permanente, les maux de ventre, la tête comme enveloppée de coton, les pieds qui semblent ne plus toucher terre et me portent tout seuls sans que je les commande vraiment.

Vas-y pour reprendre une vie normale après ça. Retourne au boulot, accomplis tes tâches quotidiennes, montre-toi de bonne humeur et souriante, comme d’habitude. Sauf que non… et pourtant, aucun de mes proches n’a rien eu, j’ai cette chance.

Vendredi soir, j’étais à une fête dans une grande maison à la campagne, les garçons regardaient le match de foot, puis les actus sont tombées. J’ai tout de suite envoyé des messages (galère totale vu le manque de réseau et le fait que je venais de péter mon téléphone) à mon papa, ma maman, ma petite sœur, mon petit frère. Ma mère m’a tout de suite appelée, elle n’avait pas encore eu les nouvelles (ils ont eu un petit retard à l’allumage sur France Inter apparemment). Les rassurer, rassurer ceux que j’aime, et bon sang tu te rends tellement compte dans ces moments-là à quel point tu les aimes.

En état de choc, j’avais le choix entre deux alternatives : rester scotchée à BFMTV et faire de mon week-end festif un voyage au bout de l’horreur, ou bien me mettre la cuitasse-les-bananas que j’étais venue me mettre avec mes potes. J’ai choisi délibérément la seconde option et suis allée danser comme une folle en hurlant sur toutes les chansons, les yeux fermés très fort, les poings serrés, en sueur. Comme une espèce de minuscule, dérisoire acte de résistance, je me suis forcée à m’amuser, à vivre pleinement.

Le retour à Paris le dimanche soir dans une atmosphère à couper au hachoir a été un moment plutôt désagréable, tout comme la reprise du boulot le lendemain matin -et le petit reste de gueule de bois n’y était pour rien, pour une fois.

Il y a un truc que j’ai ressassé ces derniers jours, c’est que j’aime mon pays. C’est abominablement cliché, on se croirait dans un film d’action américain avec tout le monde la main sur le cœur, mais c’est pourtant ce que je ressens : la France, c’est un pays de cons, parfois j’ai très envie d’en partir, mais c’est MON pays et je l’aime.

J’aime la France pour la Normandie. J’aime la France pour la Bretagne, j’aime la France pour l’Auvergne. Pour l’Ardèche, pour la Drôme. J’aime la France pour Paris aussi, un peu, parce que ça a beau être une grande ville toute polluée, ça reste une putain de belle ville. J’aime la France pour le fromage -évidemment! J’aime la France pour la tarte aux pommes et pour le vin, pour le bœuf bourguignon, j’aime la France pour le champagne -évidemment, bis. J’aime la France pour Emile Zola, pour Gustave Flaubert, j’aime la France pour Monet et Cézanne, pour Georges Brassens et pour 1789, pour les terrasses de café, pour le bon pain et l’odeur des croissants en passant devant les boulangeries le matin. J’aime la France pour son mauvais esprit, pour sa mécréance (j’aime la France pour la loi de 1905), j’aime la France pour l’apéro et pour les châteaux de la Loire.

Voilà exactement l’état d’esprit dans lequel je suis :

http://www.girlsandgeeks.com/2015/11/17/cetait-pas-moi/

Et voilà ce qui a bien failli me faire pleurer pour la énième fois (oui, je sais, toujours la même vidéo qu’on voit en boucle partout, le petit garçon et son papa trop mignons…) :

On dirait bien que j’ai fini par le pondre, ce topo personnel sur les attentats, d’une traite, ça c’est fait. Fluctuat nec mergitur, demain est un autre jour.

Shake your money maker, you feminist

Euh… il faudra m’expliquer en quoi montrer ses fesses pour vendre de la « musique » qu’on n’a ni écrite, ni composée, ni jouée, ni produite soi-même est un acte féministe?

(non je dis ça parce que j’ai lu et entendu çà et là que des dames comme Beyoncé, Rihanna, Miley Cyrus, ou même cette pauvre Madonna qui devient extrêmement gênante, étaient des féministes, passque nan mais tu comprends, elles au moins bah elles osent montrer leur corps et tout)

(ahhhh ok c’est vrai que se servir de son décolleté pour gagner de la thune c’est rendre service à la cause des femmes, pardon j’avais oublié, suis-je bête)

(non et puis c’est vrai que c’est tellement original et que ça n’est absolument pas une grosse ficelle éculée depuis 1234 avant JC)

C’était notre rubrique petit coup de gueule du soir, bonsoir.

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