Et donc, quid de la ponte?

J’ai finalement opté pour un mouche-bébé manuel à aspiration, le modèle de base à trois francs six sous. A « aspiration », oui (ceux qui ne seraient pas au courant du fonctionnement de l’engin vont googler la chose et trouver tout cela follement glamour !). « A trois francs six sous », oui (je vais devenir mère, autant que j’arrête de vouloir passer pour une petite fraîcheur) (HUMOUR)

On se contremoque de cette information, mais c’était faute d’entrée en matière pertinente… Cela fournissait au moins une sorte d’accroche… Et qui sait, peut-être la fin d’un insoutenable suspense pour les fans les plus hardcore de ce blog (HA HA HA). En tous cas, une façon d’éviter le traditionnel étalage d’excuses pour ne pas avoir posté pendant des mois.

Me voilà donc dotée d’une sorte d’énorme ballon sur le devant du corps, et officiellement en période de dépassement de terme, ma fille étant prévue pour hier. Te presse pas surtout hein, et continue à bien gigoter et m’envoyer des coups histoire de tester les capacités –incroyables il est vrai- de distension des tissus humains ! Jeune péronnelle.

Blague à part, la question qui m’est souvent posée ces jours-ci (si on excepte les innombrables « ALOOOOORS ??? ») c’est de savoir comment ça fait. Ce que ça fait. De se dire que quoiqu’il arrive, d’ici quelques minuscules jours, on sera parent. Pas « mère », terme si chargé psychologiquement et culturellement qu’il en devient tarte à la crème et casse-gueule, mais bien « parent », plus neutre, le fait de devenir une personne « avec enfant(s) » quoi.

Vous allez être déçus : ça ne me « fait » rien.

Non pas parce que je considère ce passage d’un état à un autre comme peu important, évidemment que c’est un truc incroyable, c’est d’ailleurs une idée que j’ai encore du mal à appréhender : dans quelques jours, le « moi » d’avant, qui a vécu pendant 29 ans avec cette identité, sera mort. Il sera remplacé par le « moi » d’après. Qui est bien évidemment, rigoureusement la même personne, du moins en termes de caractère, goûts, etc, mais qui sera autre : qui sera parent. Et qui ne sera donc plus la même personne quand même, j’en reviens là. Bon d’accord ça n’a pas grand sens, mais vous comprenez sans doute ce que je veux dire, et c’est vrai que c’est perturbant, du point de vue en tous cas de ma relation avec mes proches (la Juju d’avant morte ??? Mais quelle horreur !!! Oui, je ne suis pas toute seule dans ma tête, on peut le dire).

Bon donc si, ok, ça me « fait » quelque chose, c’est-à-dire ce que je viens de décrire, mais à part ça, rien. Je ne me dis pas que ce sera une merveilleuse épiphanie avec un grand E. Ni au contraire un basculement dans un enfer sans fin (encore heureux…). Je n’arrive pas à me figurer ce que va être cette sensation, la fameuse qu’ils te décrivent tous, cet amour totalement sans limites, ce bonheur absolument dingue et en même temps ces doutes abyssaux, cette inquiétude de chaque instant pour ton enfant, cette volonté chevillée au corps de lui donner toujours le meilleur et de toujours bien faire. Ce sont des mots forts, mais ce ne sont que des mots pour moi, à ce stade.

Je sais déjà confusément que pour son père et moi, ce sera une sacrée aventure, que nous allons nous ronger les sangs sans cesse, que cette personne que nous aurons créée sera le nouvel amour de notre vie (sans pour autant pousser les autres dehors, mon cœur étant, tout comme la peau de mon ventre aujourd’hui, bigrement extensible). Je me doute déjà que, quels que soient les efforts et les soins constants que nous y mettrons, il nous arrivera de faire les choses de travers, de faire des erreurs, que par moments elle va nous détester. Qu’un jour elle nous laissera derrière elle comme de vieilles chaussettes (cela dit nous resterons ses parents donc elle continuera à nous aimer quand même, gniark gniark). Mais tout cela est bien flou aujourd’hui, et basé sur des ouï-dire, que je crois plutôt fiables il est vrai.

En fait, c’est juste que je ne me projette pas. Mais alors pas du tout, c’est-à-dire même pas dans une heure, limite. C’est lié en partie à ma situation du moment (l’histoire de l’accouchement qui tarde à venir, et dont j’ai le sentiment désespérant qu’il n’arrivera JAMAIS), mais aussi évidemment au fait que je me protège moi-même contre des tas de pensées qui pourraient survenir et me terroriser : je tiens tout cela bien à distance. Je me dis juste « qui vivra verra » et autres « à chaque jour suffit sa peine » (vous avez percé mon secret à jour, j’adore les vieux proverbes et la sagesse populaire, décidément c’est raccord avec le « trois francs six sous » du début !). Pareil pour toutes les questions sur les choix éducatifs, le degré de sévérité et de cool, tout ça, cela me fait si peur, j’ai tant vu de sales mioches mal élevés que ça m’en a traumatisée (vraiment) et en même temps, ma grande crainte est que nous n’arrivions pas à faire mieux…. BREF j’arrête de gamberger là-dessus, vous voyez un peu ce que ça donne J

Jour après jour, on va gérer au mieux. Le reste n’est que littérature !

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