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Archive mensuelle de février 2017

Mioche, bilan d’étape

Mon moment préféré, c’est le matin.

L’horaire peut varier, c’est en général aux alentours de 8 heures, parfois avant, parfois après. Un petit éclat de voix  me parvient depuis l’autre côté de la cloison ; cet éclat, qui n’est pas un cri ni un pleur mais une brève vocalise, je l’entends même si je suis en train de dormir, car si faible soit-il, il me réveille aussitôt.

J’attends toujours un peu, par paresse, de voir si la petite voix va se taire –il arrive en effet parfois que le bébé pousse un petit cri et se rendorme aussitôt. Le plus souvent, après quelques instants de silence, un autre éclat de voix survient ; puis re-silence, puis un autre. Alors, je sais que le signal est donné ! Je repousse la couette, attache mes cheveux (très important, sous peine de me les faire arracher), et me rends dans la chambre du petit monstre.

La plus belle vue du monde s’offre alors à moi, celle de l’adorable petit visage tout rond de ma fille, qui sourit, bouche largement étirée sur les petites joues rebondies, grands yeux qui pétillent, et remue comme un beau diable dans sa gigoteuse.

« Bonjour mon petit chat, bonjour mon bébé d’amour, tu as faim ? »

Elle sourit toujours comme si sa vie en dépendait et me gratifie d’un gazouillis à attendrir une pierre.

Je la délivre de la gigoteuse et la soulève dans mes bras. Mon premier réflexe est d’enfouir mon nez puis ma bouche dans son cou. Les mots ne sauraient décrire ce besoin impérieux de la respirer et de la bouffer littéralement, pendant qu’elle continue à bouger en tous sens comme pour mieux me ramener sur terre (où l’attend la tétée tant attendue, et ceci est une belle allitération, c’est cadeau).

Alors oui, c’est vrai qu’il y a eu les nuits sans sommeil, qu’il y a les cacas explosifs qui débordent des couches et tachent irrémédiablement les petits vêtements, qu’il y a les hurlements surtout, notamment le soir, qui usent les nerfs, c’est vrai qu’il y a eu tout ce premier mois où j’ai pleuré sans discontinuer sans arriver à relever la tête de ma déprime.

(“Nobody said it was easy/No one ever said it would be this hard”)

Mais le matin, quand je mange son petit cou, quand je plonge dans l’odeur de sa peau, tout cela ne m’effleure même pas l’esprit un instant.

Elle a de la chance de s’en tirer à si bon compte, la bourrique !




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